Le lobbying, un atout pour développer son entreprise

 
 Assemblée nationale

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Les entreprises qui font du lobbying sont actrices de la réglementation qui s’applique à leur activité et augmentent leur visibilité.

Pourquoi mettre en œuvre une stratégie de lobbying ?

Le lobbying – ou l’ensemble des relations avec les pouvoirs publics, les élus et les médias –  est décisif pour une entreprise qui souhaite se développer localement et nationalement.  

Partie intégrante de son territoire, une autorisation préfectorale ou la conclusion d’un contrat avec une collectivité sera favorisée par l’image positive que l’entreprise aura su construire. Celle-ci dépend de la capacité de son dirigeant à entretenir ses réseaux en rencontrant les élus, les services administratifs et les médias locaux.

Au niveau national, rencontrer des parlementaires, des hauts-fonctionnaires, faire partie de groupes de travail au sein des ministères apporte une légitimité et donne accès à des cercles d’influence indispensables pour se développer en France et à l’étranger (participer aux voyages institutionnels, exposition dans les médias nationaux, trouver des nouveaux prospects).

Enfin, plus l’entreprise sera reconnue et écoutée par les pouvoirs publics, plus elle sera en mesure de faire entendre sa voix lors de l’élaboration des normes qui la concerne. C’est plus simple qu’il n’y paraît.

Comment mettre en place une stratégie de lobbying ?

Le travail de lobbying consiste à devenir un interlocuteur de confiance des pouvoirs publics. Cette confiance se gagne sur le long terme. Pour ce faire, plusieurs missions sont nécessaires : la veille institutionnelle, la mapping des acteurs, la communication d’influence, la rédaction de notes, d’argumentaires et d’amendements, enfin la rencontre avec les pouvoir publics.

Le dirigeant doit mettre en place une veille permanente des textes normatifs et des opportunités concernant son entreprise. Il convient de scanner chaque jour ou au moins chaque semaine le site internet des ministères, de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Conseil économique, sociale et environnementale, du journal officiel... Ainsi, le dirigeant connaîtra précisément et en temps réel les avant-projets de loi, de règlement, les groupes de travail, les rapports, les avis et les nominations qui touchent son activité.

La veille concerne aussi les institutions européennes car on sait qu’aujourd’hui plus de 70% des normes françaises découlent des normes européennes. Elle cible également les autorités indépendantes qui rendent souvent des rapports ou des propositions susceptibles d’être suivis par le gouvernement plusieurs mois après.

La veille permet ainsi de réagir suffisamment en amont de l’élaboration d’une norme pour l’orienter dans le sens de l’entreprise. C’est se donner les moyens de comprendre la logique des institutions et de connaître le bon niveau d’intervention et le bon calendrier afin d’être efficace dans l’action.

Le dirigeant doit identifier les acteurs publics qui peuvent avoir de l’influence sur son business : l’élu ou le haut-fonctionnaire qui travaille sur ses sujets au niveau local ou national (le rapporteur d’un projet de loi, le conseiller technique au cabinet du ministère, le chef de service compétent dans une collectivité, le directeur de cabinet du préfet, le sénateur qui participe à tel groupe d’étude etc...).

Une fois l’ensemble des acteurs identifiés, il convient de se faire connaître d’eux. Les simples demandes de rendez-vous aboutissent rarement si elles n’ont pas été préparées, notamment par la rédaction d’un argumentaire concernant le sujet en cause, ou grâce à la recommandation d’un intermédiaire ou de son réseau. Les rendez-vous peuvent avoir comme objet de présenter une problématique, mais pas seulement. Présenter son activité et nourrir l’élu ou le fonctionnaire avec des éléments techniques est apprécié. En retour, il arrive souvent que le dirigeant se voit proposer d’intervenir dans des colloques ou des tables rondes, ce qui augmente la visibilité de son entreprise.

Enfin, une action de lobbying efficace doit parfois s'accompagner d’une sensibilisation de l’opinion soit directement (notamment via les réseaux sociaux) soit via les médias. Il est nécessaire pour cela de maîtriser les techniques de communication, la relation avec les médias et la rédaction de communiqués de presse.

Ainsi, on voit bien le bénéfice pour une entreprise de faire du lobbying en son nom, en complément du travail de sa fédération professionnelle. Ce lobbying peut être mené en interne par une personne chargée des relations institutionnelles formée à ces techniques. Il peut être aussi externalisé auprès d’un cabinet spécialisé.

 

 
Emile Meunier