Affichage d'un "Indice de durée de vie" : un premier pas encourageant du gouvernement, mais qui ne doit pas rester un coup de com

 
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PARIS, 13 février 2018 — Réaction à l'annonce du gouvernement qui réfléchit à un "indice de durée de vie" : un premier pas encourageant, mais qui ne doit pas rester un coup de communication.

Brune Poirson, secrétaire d’Etat à l’Écologie, a annoncé ce lundi vouloir mettre en place d'ici 2020 des expérimentations pour l'affichage d'un "indice de durée de vie" sur les appareils électroménagers. 
 
L'intention est louable car les consommateurs pourront ainsi savoir si les produits qu’ils achètent sont durables et réparables. Il reste à en connaître les modalités. Cette mesure mettrait fin à une asymétrie d’information, puisque les fabricants connaissent eux précisément la durée de vie moyenne de leurs produits contrairement aux consommateurs. On peut donc logiquement supposer que la transparence incite les consommateurs à acheter des produits de meilleure qualité, tirant ainsi vers le haut la concurrence entre fabricants.

Cependant, la déclaration du gouvernement est insuffisante

Tout d'abord, il s'agit d'une expérimentation et sur la base du volontariat. Or le volontariat va concerner seulement les entreprises qui ont déjà un comportement vertueux et pas toutes les autres. 

Ensuite, il existe déjà une mesure qui n'est pas appliquée : l'information concernant la disponibilité des pièces détachées. Selon la loi les consommateurs devraient savoir avant l'achat des biens s'il existe des pièces détachées. Or, l'actuel décret d'application est si mal rédigé que peu de vendeurs et distributeurs appliquent la loi. Le Gouvernement pourrait réécrire le décret pour le rendre plus efficace.

D'autres mesures pourraient déjà être prises dès maintenant pour lutter efficacement contre l'obsolescence programmée. 

  1. Une fiscalité réduite sur la réparation et les pièces détachées (sous la forme d'une TVA réduite, ou d'une réduction d'impôt).
  2. Faire payer d’avantage le fait de rendre certaines pièces inamovibles pour en dissuader la pratique, via notamment l’éco-participation.
  3. Concernant l'information et les smartphones, imposer la réversibilité des mises à jour, ou a minima informer le consommateur sur le risque de ralentissement après la mise à jour.

L'annonce faite par Brune Poirson est une bonne chose, mais elle ne doit pas être l'arbre qui cache la foret de l'obsolescence programmée. Cette mesure est bien d'autres doivent être mises en place très rapidement, et être portées au niveau Européen où nos partenaires ne suivent pas tous une logique de produits durables et réparables.

 
Emile MeunierComment